Les aiguillages automatiques des LAC trolleybus

 
A la suite d'une expérimentation au Clos Jouve, tout le réseau TCL est équipé depuis un an d'une nouvelle génération d'aiguillages automatiques

 

 


Les anciens aiguillages


Le réseau TCL est équipé de trolleybus depuis 1935 et le premier aiguillage est apparu en 1936 à la bifurcation du 29 et du 30 aux "trois Artichauts".

A cette époque, tout était manuel. L'aiguille était déplacée par un cable et le receveur devait descendre et tirer une poignée sur le pylone le plus proche. L'aiguille revenait à sa position intiale grêce à un ressort de rappel.

En avril 1945, l'aiguille devient commandée par un électro-aimant monté en parallèle sur la ligne. 



En 1947, la boucle de retournement de la Plaine est
équipée d'un aiguillage électrique à "fil coupé" (appareil en série avec les fils).
 
Photo: Archives Municipales

Si le conducteur s'arrêtait avant l'aiguillage puis redémarrait, le trolleybus consommait un fort courant (70 A minimum) d'où une différence de potentiel aux bornes de la bobine de l'électro-aimant qui déplaçait l'aiguille dans la position "bifurcation".


Si le conducteur "coupait le courant" en relâchant la pédale de démarrage/accélération, le moteur du trolleybus n'en consommait pas et donc la différence de potentiel était nulle et l'aiguillage en position "repos" (tout droit).

Ce système a perduré jusqu'à l'année dernière, le seule amélioration étant la commande de coupure de courant pour aller tout droit à l'aide d'un interrupteur au tableau de bord.

 


Les nouveaux aiguillages automatiques

 

A la suite de l'essai concluant au Clos Jouve, tous les aiguillages du réseau TCL sont maintenant automatisés. Les trolleybus sont équipés d'un émetteur radio et les aiguillages d'un récepteur.

 


L'aiguillage est monté en Y et est associé à un récepteur radio que l'on voie au-dessus de la ligne aérienne de droite.
 
Photo: JM-C


Un pannonceau rouge indique la position des détecteurs, ici celui du terminus du 13.
 
Photo: JM-C


Le conducteur dispose d'un boitier de codage et introduit un "code mission" au terminus, par exemple 0011 pour un C3 allant de St Paul vers La Grappinière ou 0182 pour un 18 de la Croix-Rousse à Jean-Macé.
 

 


Un ETR18 de C3 quitte l'arrêt Hôtel de Ville, la première aiguille s'est positionnée à gauche
 
Photo: JM-C


Le récepteur radio décode le message et positionne l'aiguille sur la bonne direction. Un signal lumineux à diodes orange indique la position de l'aiguille.
 

 


Ici, un ETB12 du 13 qui doit passer la première aiguille à droite et la seconde à gauche a été détecté
 
Photo: JM-C

 


La première aiguille a bien basculé à droite. Les panneaux jaunes indiquent qu'il faut couper le courant au passage.
 
Photo: JM-C

Le système est même sophistiqué: si deux trolleybus se présentent l'un derrière l'autre, une diode bleue indique au second qu'il a bien été détecté mais qu'il doit attendre.


Quand deux trolleybus qui se suivent sont détectés, l'aiguille est positionnée sur le chemin du premier
et une diode bleue indique au second qu'il doit attendre.
 
Photo: JM-C



Fonctionnement dégradé


Si pour une raison ou une autre, un trolleybus doit quitter son trajet normal, le conducteur dispose d'un commutateur à trois positions pour forcer l'aiguillage à droite ou à gauche:



Vue générale du poste de conduite d'un ETB 18.
 
Photo: JoNaT


Détail du boitier de codage (terminus 1 de la ligne 901, c'est-à-dire C1 direction Part-Dieu) et des commutateurs qui servent
à forcer un aiguillage (à gauche) et à couper le courant (cadre rouge au centre) lors du passage sous un aiguillage ou un croisement.
La position du bas (cadre jaune) servait pour "prendre" du courant (avec les anciens aiguillages).
 
Photos: JoNaT

 

© JM-C, Tecelyon